Tranchée drainante (édition nov. 2019)

Le bâtiment.

Tel que fini, tel qu’il fut et tel qu’il a été le temps des opérations…

Après travaux

art_tran002 Pendant la bataille

Etat des lieux et projet.

Après réfaction du toit, des enduits et l’installation d’une cheminée il a fallu trouver une solution au problème de l’eau. L’intérieur du bâtiment collecte en effet tout ou partie des pluies venant et du toit, sans gouttières, et de l’aire située devant sa façade nord. Il est construit sur le rocher, bonnes fondations certes mais dont l’inclinaison (le pendage) dirige l’eau dans la pièce.

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Le projet initial consistait à croire qu’il était possible de creuser jusqu’au rocher, y réaliser une saignée horizontale qui collecterait l’eau puis de l’évacuer coté ouest car le bâtiment est en surplomb du terrain environnant.
Las, si au début du mur de façade (à gauche de l’escalier) le rocher affleure, à l’autre bout il est beaucoup trop profond pour espérer l’atteindre. La tranchée descendue à un mètre quarante sous le niveau du sol commençait à laisser voir un mur de pierres mal empilées tenant plus de la fondation que de la maçonnerie.
Alors le projet s’est orienté vers la réalisation d’une tranchée drainante sur le modèle de celle proposée dans la fiche technique de Tiez-Breiz sur les drains.

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Avec quelques adaptations car les contraintes sont différentes.

  • L’exutoire est naturel car le bâtiment surplombe le terrain.
  • Pas de drain en fond de tranchée, car c’est plus une évacuation qu’un drainage.
  • Le terrain à drainer est un remblai, mélange de cailloux et de terre et ne comportera pas de végétation.
  • Pas de rejointoiement du mur avant la pose de la membrane à alvéoles, pas vu l’utilité de la méthode.
  • Une membrane goudronnée en bas de tranchée pour canaliser l’eau dans la cunette elle même goudronnée.
  • Une membrane goudronnée (bavette ou solin) en tête de membrane pour la protéger des ruissellements contre la façade.
  • Cette bavette n’est pas contre la membrane pour laisser l’air circuler.
  • Pas de granulométrie mesurée lors du remplissage de la tranchée car trop compliqué, les granulats sont tous de réemploi.
  • Géotextile posé sans précautions car il n’y a pas de mouvements de fines attendus et pas de drain redoutant le colmatage.

Le modèle proposé par Tiez-Breiz (légende corrigée) et son adaptation à l’existant.

http://www.tiez-breiz.bzh/restaurer-rehabiliter/les-fiches-techniques/les-drains

Adaptation (voir conclusions pour une autre adaptation plus souhaitable) :

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Fouille.

L’escalier était un souçi car il fallait descendre sous son seuil pour établir la cunette de collecte des eaux.
Mais aussi une chance car il permettait d’attaquer le terrain latéralement.
Pour la manoeuvre pas d’outils spéciaux. Pelle, pioche, fourche à charbon, seaux, gants et un peu de courage.
Le remblai était heureusement assez stable (et sec) ce qui a permis de réaliser une tranchée relativement étroite
de 60 centimètres de large et de 1,2 m. au départ, finissant à 1,4 m. à la sortie.
Creusant latéralement dans la tranchée il suffit de faire tomber à la pioche quelques pans de remblai, sortir les cailloux massifs à la main, cribler les moyens à la fourche à charbon et évacuer le reste dans les seaux.
Ce « reste » a été tamisé pour séparer la terre (entre sables et poussières) des graviers.
Sur une base de 5 m3 de remblai sorti il est resté :
~ 5 m3 de cailloux (40 – 160 voire plus)
~ 3 m3 de terre (étalée dans un jardin plus bas).
~ 0,6 m3 de graviers (10 à 40 environ).

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Tranchée drainante.

Il ne faudrait pas de délai entre la fouille, l’installation du géotextile et la réalisation de la cunette.
Sinon et donc cela m’est arrivé, le remblai s’effondre par endroits. Peu mais assez pour devoir refaire le fond souvent. Le géotextile (180 microns) relativement rigide tient presque tout seul.

  • J’ai tracé un niveau repère sur le mur pour établir la pente (assez forte > à 3% attention ceci n’est pas admissible dans un terrain normal)de la cunette, arrosé pour permettre à l’eau de faire un chemin d’écoulement.
  • Maçonné une cunette au mortier de ciment, finie avec un lait de ciment permettant de la lisser et de vérifier l’écoulement de l’eau.
  • Après durcissement j’ai appliqué un primaire d’adhérence pour rouleau de bitume.
  • Collé à froid (impossible de jouer avec un bruleur dans si peu d’espace) une bande continue de bitume de 60 cm de large sur la moitié de la cunette et remontant sur le mur.
  • Installé la membrane à alvéoles, picots contre le mur… des tuyaux d’évacuations divers et une gaine électrique (autre usage).
    Rempli le tout gentiment avec les cailloux, les tuyaux ne cassent pas si c’est bien fait et qu’il n’y a pas de poids prévus (véhicules).
  • Réalisé une saignée dans le mur pour installer la bavette, bande de bitume (non continue) de 15 cm de large qui sera sous le niveau du sol fini.
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Remarques.

  • Une étanchéité supplémentaire sous les dalles sera faite ultérieurement car l’eau peut toujours en cas d’années pluvieuses s’infiltrer aux pieds des murs du bâtiment là où la cunette n’est pas sur le rocher, c’est à dire presque partout…
  • Il aurait fallu réaliser la saignée de la bavette avant le remplissage de la tranchée, le travail au raz du sol à la meuleuse d’angle est laborieux.
  • J’ai monté deux disques identiques sur une bonne meuleuse et bien serré, très bien serré même, les écrous. Je vous laisse seuls juges de l’extrême dangerosité du procédé. Lunettes + masque + gants + assurance vie + pas de détails à maman, obligatoires
  • L’escalier refait s’arrête à 20 cm. du mur, une grille permettra l’évacuation de l’eau à son pied.
  • La partie affleurante du rocher à gauche de l’escalier a été traitée différemment. Modelée à la meuleuse et complètement goudronnée, le goudron recouvert de mortier dans sa partie supérieure pour le protéger de la lumière.
  • Notez les gaines « Annelées » (réservation) à ne pas laisser à la lumière plus de trois mois car elles s’auto-détruisent.
  • Les tuyaux PVC cassent vite, ne faites pas comme j’ai fait.
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Conclusions.

(Edition novembre 2019)
Il y a une modification importante du protocole. Après un démontage partiel il apparaît que derrière la membrane à excroissances (delta ms) le mur est couvert d’algues/mousses. Donc humide. A ce titre et sauf cas particulier (mur récent sur fondation étanche) cette membrane n’est plus conseillée. En lieu et place il conviendra d’appliquer un enduit de sous-bassement. A savoir un mortier épais 3 à 5 cm avec des sables d’une granulométrie importante (jusqu’à 10 mm si nécessaire, plutôt 6-8 en pratique). Fidèle à mes pratiques (d’autres vous diront l’inverse) je conseille un mortier à la chaux très majoritairement aérienne (80%) un liant plus hydraulique (NHL5, Prompt, CEMII…)  faisant le complément pour une prise plus rapide.
Le dosage en liant d’un tel mortier sera dans la tranche (habituelle) 200-250 kg/m3.
Idéalement et si possible le sous-bassement remonte à 50/80 cm au-dessus du sol.

Le schéma de principe devenant ceci :

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Foire aux Questions.

Pour les questions reportez-vous au forum Tiez-Breiz, à l’expertise Tiez-Briez si vous habitez en Bretagnie ou à votre maman, si elle sait.